avis d'un (A)mateur

Avis Chronopostés – revue cinéma autour du monde | 15 janvier 2012

§ Comédies romantiques thaï:

    

A Little Thing Called Love (2010) propose de suivre l’évolution du premier amour de Nam, une jeune lycéenne banale éperdue du beau gosse de sa génération, sur 3 ans durant lesquels elle s’efforcera de se rapprocher secrètement de lui. C’est gentil et pittoresque avec beaucoup de personnages secondaires vecteurs de gags (la prof rentre-dedans assure le comique langagier propre au ton des comédies thaï). L’histoire est donc bien rythmée mais au fond elle est vraiment juvénile, genre conte de fée. Passable.

Bangkok Traffic Love Story (2009) Une autre comédie romantique légère mais plus mature et convaincante du fait que les protagonistes sont confrontés aux circonstances de la vie adulte dans la jungle urbaine. La jeune héroïne (adorable Sirin Horwang) vie une crise de début trentenaire où elle est la seule de son cercle d’amies à toujours être célibataire, où sa carrière se casse la gueule, et où ses parents chez qui elle vit lui reprennent sa voiture et essayent de la caser avec un soi-disant sosie de Rain. Par accident, elle rencontre l’homme parfait qui a pour seul “défaut” de travailler de nuit à la maintenance du skytrain de Bangkok. S’en suit une compétition maladroite pour se l’approprier, sans excès dans les jeux d’acteurs, ce qui rend le film amusant et sympa.

§ Mélodrames indie coréens:

    

Come, Closer (2010) 5 histoires de couples à des moments différents de leur relations. Malgré une mise en scène prometteuse, l’ouverture du film est tellement gâchée par une certaine posture et le manque de naturel que j’ai failli renoncer; mais finalement il se révèle plus pertinent avec des échanges et dialogues élaborés par la suite, ainsi qu’une belle musique de fond. Dispensable, malgré que Jung Yu-mi (Shim’s Family, My Dear Desperado) y donne une prestation assez forte comme ex-petite amie névrosée.

Come Rain Come Shine (2011) Un jeune couple se sépare et passe leur dernière journée ensemble, entre non-dits et ressentiment. Film d’une lenteur désespérante, avec pour trame sonore la pluie, qui suit la poésie de son titre… C’est certes superbement tourné, et, contrairement à Hyun-bin (Secret Garden, Late Autumn), Lim Soo-jung (…ing, I’m a Cyborg But That’s OK, Finding Mr Destiny) arrive à tirer son épingle de ce jeu muet grâce au caractère farouche de son personnage et via une performance naturaliste. Il n’empêche que c’est de l’esbroufe ce film.

§ Films d’handicapés français:

    

8 fois debout (2009) Deux échoués de la vie partagent le même palier et le même don à rater outrancièrement leurs entretiens d’embauche. Leur situation se dégrade au point de devenir SDF chacun de leur côté. Un film poignant sans être déprimant, et qui touche par sa justesse, la détresse refoulée des personnages qui font de leur mieux pour rester dignes et équilibrés aux yeux des autres, se montrer détachés et solidaires entre eux. Brillants interprètes pour un film délicat truffé d’humour.

Intouchables (2011) Driss, un jeune de banlieue, se présente chez Philippe, un aristo parisien, dans le seul but de toucher ses assedics. L’handicap du premier c’est qu’il est noir issu d’un quartier défavorisé, celui du deuxième c’est qu’il est tétraplégique à la recherche d’un aide à domicile. La rencontre de Omar Sy et François Cluzet crée le dernier blockbuster français qui je l’espère fera plus d’entrées que Bienvenue chez les Ch’tis. Excellent casting, belle réalisation, superbe B.O. Quelques clichés au passage mais ça joue en faveur de cette comédie humaine et réussie.

§ Tranches de vie aux États-Unis:

    

Somewhere (2010) Alors que son ex ne semble pas revenir de si tôt, un acteur hollywoodien passe plus de temps que prévu avec sa fille de 11 ans. C’est ça, ils passent du temps ensemble… à profiter du quotidien de star sans contrainte… Une sortie de route dans la glorieuse filmographie pour la réalisatrice sublimatrice de jeunes filles blondes au visage mi angélique mi lolita. Comme si ce film était plus destiné à une certaine clientèle… rappelant que Sofia Coppola n’est pas une fille comme les autres. À un moment, passées les longues scènes ennuyantes, on se dit que le film n’est pas déplaisant à regarder, et que peut-être on arrive petit à petit quelque part, “somewhere”... Le protagoniste s’y dirrige effectivement, mais le spectateur n’a pas spécialement envie de l’accompagner, malgré l’hypnotisante chanson de Phoenix qui ponctue sa destination. Insignifiant.

Gigantic (2010) Strange boy meets strange girl sous les traits des rares acteurs américains que j’adore retrouver: Paul Dano (The Ballad of Jack and Rose, Little Miss Sunshine, There Will Be Blood) et Zooey Deschanel (Almost Famous, The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy). Un film étonnant et bien marrant avec une brochette d’acteurs quiexcellent. Par contre je ne ferai pas de commentaire sur la vision de l’adoption de bébés chinois…


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