avis d'un (A)mateur

Avis Chronopostés – revue cinéma autour du monde

15 janvier 2012
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§ Comédies romantiques thaï:

    

A Little Thing Called Love (2010) propose de suivre l’évolution du premier amour de Nam, une jeune lycéenne banale éperdue du beau gosse de sa génération, sur 3 ans durant lesquels elle s’efforcera de se rapprocher secrètement de lui. C’est gentil et pittoresque avec beaucoup de personnages secondaires vecteurs de gags (la prof rentre-dedans assure le comique langagier propre au ton des comédies thaï). L’histoire est donc bien rythmée mais au fond elle est vraiment juvénile, genre conte de fée. Passable.

Bangkok Traffic Love Story (2009) Une autre comédie romantique légère mais plus mature et convaincante du fait que les protagonistes sont confrontés aux circonstances de la vie adulte dans la jungle urbaine. La jeune héroïne (adorable Sirin Horwang) vie une crise de début trentenaire où elle est la seule de son cercle d’amies à toujours être célibataire, où sa carrière se casse la gueule, et où ses parents chez qui elle vit lui reprennent sa voiture et essayent de la caser avec un soi-disant sosie de Rain. Par accident, elle rencontre l’homme parfait qui a pour seul “défaut” de travailler de nuit à la maintenance du skytrain de Bangkok. S’en suit une compétition maladroite pour se l’approprier, sans excès dans les jeux d’acteurs, ce qui rend le film amusant et sympa.

§ Mélodrames indie coréens:

    

Come, Closer (2010) 5 histoires de couples à des moments différents de leur relations. Malgré une mise en scène prometteuse, l’ouverture du film est tellement gâchée par une certaine posture et le manque de naturel que j’ai failli renoncer; mais finalement il se révèle plus pertinent avec des échanges et dialogues élaborés par la suite, ainsi qu’une belle musique de fond. Dispensable, malgré que Jung Yu-mi (Shim’s Family, My Dear Desperado) y donne une prestation assez forte comme ex-petite amie névrosée.

Come Rain Come Shine (2011) Un jeune couple se sépare et passe leur dernière journée ensemble, entre non-dits et ressentiment. Film d’une lenteur désespérante, avec pour trame sonore la pluie, qui suit la poésie de son titre… C’est certes superbement tourné, et, contrairement à Hyun-bin (Secret Garden, Late Autumn), Lim Soo-jung (…ing, I’m a Cyborg But That’s OK, Finding Mr Destiny) arrive à tirer son épingle de ce jeu muet grâce au caractère farouche de son personnage et via une performance naturaliste. Il n’empêche que c’est de l’esbroufe ce film.

§ Films d’handicapés français:

    

8 fois debout (2009) Deux échoués de la vie partagent le même palier et le même don à rater outrancièrement leurs entretiens d’embauche. Leur situation se dégrade au point de devenir SDF chacun de leur côté. Un film poignant sans être déprimant, et qui touche par sa justesse, la détresse refoulée des personnages qui font de leur mieux pour rester dignes et équilibrés aux yeux des autres, se montrer détachés et solidaires entre eux. Brillants interprètes pour un film délicat truffé d’humour.

Intouchables (2011) Driss, un jeune de banlieue, se présente chez Philippe, un aristo parisien, dans le seul but de toucher ses assedics. L’handicap du premier c’est qu’il est noir issu d’un quartier défavorisé, celui du deuxième c’est qu’il est tétraplégique à la recherche d’un aide à domicile. La rencontre de Omar Sy et François Cluzet crée le dernier blockbuster français qui je l’espère fera plus d’entrées que Bienvenue chez les Ch’tis. Excellent casting, belle réalisation, superbe B.O. Quelques clichés au passage mais ça joue en faveur de cette comédie humaine et réussie.

§ Tranches de vie aux États-Unis:

    

Somewhere (2010) Alors que son ex ne semble pas revenir de si tôt, un acteur hollywoodien passe plus de temps que prévu avec sa fille de 11 ans. C’est ça, ils passent du temps ensemble… à profiter du quotidien de star sans contrainte… Une sortie de route dans la glorieuse filmographie pour la réalisatrice sublimatrice de jeunes filles blondes au visage mi angélique mi lolita. Comme si ce film était plus destiné à une certaine clientèle… rappelant que Sofia Coppola n’est pas une fille comme les autres. À un moment, passées les longues scènes ennuyantes, on se dit que le film n’est pas déplaisant à regarder, et que peut-être on arrive petit à petit quelque part, “somewhere”... Le protagoniste s’y dirrige effectivement, mais le spectateur n’a pas spécialement envie de l’accompagner, malgré l’hypnotisante chanson de Phoenix qui ponctue sa destination. Insignifiant.

Gigantic (2010) Strange boy meets strange girl sous les traits des rares acteurs américains que j’adore retrouver: Paul Dano (The Ballad of Jack and Rose, Little Miss Sunshine, There Will Be Blood) et Zooey Deschanel (Almost Famous, The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy). Un film étonnant et bien marrant avec une brochette d’acteurs quiexcellent. Par contre je ne ferai pas de commentaire sur la vision de l’adoption de bébés chinois…


Festival – Films vus au FNC éd.2011

4 novembre 2011
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Fin de saison et année maigre pour l’amateur de festivals de films à Montréal. Les récentes oeuvres de réalisateurs de renom tels que Sion SonoShunji IwaiShinya Tsukamoto ou encore Hitoshi Matsumoto nous ont été livrées quasiment en première nord américaine, et pour moi ce fut à chaque fois un désolant flop. J’avais déjà commencé à me méfier des louanges faites à chaque sortie d’un Takashi Miike dans le but d’ameuter les foules dans les salles, pour le coup mon intuition n’était pas bonne (Hara-kiri: Death of a Samurai était projeté, pas vu), élargissant à l’avenir la zone critique aux chouchous. Je dis ça en sachant pertinemment que je me presserai vers la billetterie pour Himizu ou les prochains Koreeda, Toyoda, etc… Bref, voilà les films japonais auxquels j’ai eu le désarroi d’assister lors de cette édition du Festival du Nouveau Cinéma:

Kotoko (2011. Tsukamoto Shinya)

Beware: film, sur la psychologie d’une mère pour le moins perturbée et destructrice, qui dérange à l’extrême plus qu’un film d’horreur. C’est vraiment à la limite du soutenable. Le spectacteur y passe une succession de sales quarts d’heure puisque les quelques interludes familiaux d’apaisement et les tentatives d’humour noir (prise de panique quand le personnage joué par le réalisateur découvre Kotoko baignant imperturbable dans son sang) sont bien trop rares. C’est d’autant plus un calvaire qu’on reste dans le flou quant à l’origine d’un tel comportement: une démence violente, totale paranoïa, évacuée par symboles (chant, soudaine danse sous la pluie dans le jardin de l’asile, poupées de chiffon, etc…), mais qui ne pourrait se justifier que par l’étonnement de la jeune femme de sentir le désir de son corps mutilé à vivre. Rien avoir donc avec l’étrangeté de Tetsuo the Iron Man, la perversité de Snake of June, ou la confusion abyssale de Nightmare Detective 2. C’est bien du registre de la maladie mentale, avec le profond malaise qu’elle inspire, et c’était bel et bien le sujet du film. Un thème peu usité quand il touche la relation sacré mère-enfant. Mixé au style visuel cauchemardesque in-your-face habituel du réalisateur, on descend en enfer. À bon entendeur… D’un autre côté, standing ovation à Venise pour Tsukamoto… Énorme prestation de Cocco, à la fois belle et effroyable dans un rôle qu’elle délivre avec un réalisme déroutant. Personnellement je ne connaissais pas cette chanteuse-compositrice “björkesque” d’Okinawa, mis à part le fait que Koreeda lui a dédié un documentaire en 2008… Avis de l’amateur: trop dur pour être appréciable, trop unique pour être absolument non recommandable. En gros, Kotoko c’est du genre Ima Boku Wa version gore et interprété par un combo très spécial.

Guilty of Romance (2011 v.o.: Koi no TsumiSono Sion)

Fin essouflée et sans brio de la “trilogie de la haine” (comprendre amour obsessionel, folie passionnelle, charnelle et dévastatrice) par maître Sono. Après le 1er opus génial - Love Exposure - je me suis ennuyé en maudit. Sion Sono est un autre réalisateur déséquilibré (mais dont les démons semblent provenir d’une jeune fille nommée Yoko…). J’avais rien compris à son Suicide Club, mais j’avais apprécié son prequel Noriko’s Dinner Table, socialement et émotionnellement renversant. Il semble que Cold Fish et Guilty.. soient moins réfléchis, plus portés sur le spectaculaire et le tabou. Le premier focalise sur le refoulement du personnage principal masculin, tandis que le second sur celui de l’héroïne, chacun sommé par force, harcélement psychologique et agressivité, à se libérer. C’est peut-être une analyse prématurée alors que je n’ai pas eu l’occasion de voir Himizu, mais pour moi la trilogie s’arrêterait plutôt à Love Exposure (qui a beaucoup de ressemblances avec Noriko..) tandis que, bien qu’empreint du même degré de désordre du comportement, Guilty.. serait la contrepartie féministe d’un Cold Fish complétement macho sur la vision de la respectabilité de l’homme, libertin et irréverencieux. Les deux films sont “pinku”, bâtis sur la même logique déconcertante, s’inspirent de 2 faits divers, inspirent le même inconfort avec leurs lumières artificielles, leurs excès, et la spirale de dégénérescence morale ou transgression dans laquelle leurs personnages principaux semblent vouloir être entraînés par un guru malade, aussi indécent que dangereux. C’est eux qui gâchent l’appréciation en étant caricaturaux, comme la projection du petit démon agaçant qui se matérialise à l’oreille dans les cartoons, et on a vite le sentiment de se faire bassiner. Un soupçon drolatique (la mère qui lynche verbalement Mitsuko autour d’un thé), Guilty.. est quand même meilleur que Cold.. du fait qu’il donne plus d’importance au cheminement de Izumi (Megumi Kagurazaka, qui joue 2 types de jeune épouse frustrée selon le film tout de même) ainsi que plus de poids à certains personnages secondaires (les figures de la mère, de la détective, du bras droit vs le père défunt, l’inspecteur de police tout juste de passage, et l’épouse cinglée de Murata). Dans les deux histoires, des vies seront perdues ou anéanties, et l’apprenti se vengera du maître pour reprendre le contrôle sur sa vie. Finalement, il est question du pouvoir que détient un individu dans une société qui impose la modération et la soumission, des risques de le revendiquer aussi, un “crime” puisqu’à chaque fois ça se termine très très mal (“Love Crimes” est une autre traduction du titre). Avis de l’admirateur:  bien que raté, à voir pour boucler la boucle. Le film aurait gagné en profondeur/impact si seulement les scènes crues auraient été plus éparses et eroL’enthousiasme pour Sono rétrogradé. Toutefois je verrais bien la version étendue d’une demi-heure présentée à Cannes où semble-t-il on voit plus de ce que se passe du côté de la flic (chapter 2), d’où les synopsis autour de 3 personnages principaux féminins (voir critique de la version longue en anglais ici).

Scabbard Samuraï (2011 v.o.: Saya ZamuraiMatsumoto Hitoshi)

Un samurai binoclar (Nomi Takaaki: très bizarre acteur de cinéma débutant), en fuite après avoir été blessé dans l’âme et finalement appréhendé, est condamné à la peine de mort s’il ne parvient pas à redonner le sourire à l’enfant du shogun du coin. Il a un mois, et une seule tentative par jour. On pourrait s’attendre à une franche rigolade, sauf que: 1- l’éclat que j’ai entendu dans la salle était bien trop gras pour provenir de la rate, et 2- il s’agit en fait d’un film à message pour la jeunesse, les grands enfants peuvent s’abstenir. Pour la 3e production du réalisateur excentrique du géant Dainipponjin et grandiloquent Symbol, je crains que cette fois ce ne soit pas l’acteur mais le spectateur le dindon de la farce. Car c’est vraiment, mais réellement, pas drôle. Est-ce un problème de traduction? De références culturelles obscures (le creux des programmes télé nippons, en relation avec le métier de comique du réalisateur)? Car tous les éléments d’un bon spectacle sont pourtant là… c’est bien que l’intention de cet ensemble de gags pathétiques doit être ailleurs. Avis de l’amateur: Raté, tout comme je rate la satire sociale qui se cacherait entre les plans, parce qu’ennuyeux à la longue. Pour ma part, le film ne doit son salut qu’à la petite fille de ce samurai déchu, Kumada Sea, qui vole la vedette avec son jeu confrontationnel et ses appels au seppuku. Quant à la forme, rien à redire, c’est beau et très bien monté.

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DJ Mehdi

Il n’y a pas que le site d’Ed Banger qui est en berne. Après Gil Scott-Heron, c’est au tour de Mehdi Favéris-Essadi de m’endeuiller subitement cette année alors qu’il signe mon coup de coeur du moment. Pour le talentueux DJ, c’était le 13 septembre dernier, et une perte sans commune mesure sur le plan musical, voire au-delà puisque j’ai le sentiment qu’il devait être aussi cool qu’il en avait l’air, ce cool cat. Ça m’attriste toujours profondément de réaliser que l’oeuvre d’un de mes artistes fétiches s’arrêtera désormais à une date fatidique, sans compter les rencontres (avec moi le fan) ou collaborations (avec mes autres favoris de tous les temps) manquées. Des Princes de la Ville quand je m’évadais du lycée à Lucky Boy durant les coups de barre à l’université, j’ai pratiquement grandi et élargi mon horizon musical avec la discographie de DJ Mehdi. Je salue son parcours chevronné, hétéroclite et sans frontière, dont voici quelques étapes remarquables.

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Festival – Fantasia éd.2011

14 juillet 2011
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C’est reparti amateurs de films de genre. Jusqu’au 7 août 2011 :

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Au programme, Super, 1 film thaï (…), 5 long métrages chinois, 10 coréens, et une vingtaine de films en provenance du Japon. On retrouve des habitués (Takashi MiikeSion SonoPark Chan-wook), ainsi que le combo GANTZ en Live Action tant attendu. Personnellement ce qui me réjouit le plus c’est de découvrir le premier film en dehors de sa patrie du maître Iwai, “Vampire” ! C’est aussi l’occasion de revoir collectivement le classique Battle Royal, dont on fête une décennie de domination dans le genre.

À ne pas manquer: quoique… // MISES À JOUR 8.08.11 //

Haunters (a.k.a “Psychic“, Corée du Sud, 2010) Réal.:Kim Min-suk. Cast notable: Kang Dong-won (The Secret Reunion,Woochi).

Avis de l’amateur: Film d’action palpitant avec sci-fi humaine sophistiquée. Le scénario démentiel reprend les éléments époustouflants de Death Note et Code Geass. Remarquables jeu d’acteurs et effets spéciaux, jusqu’au moment où le dit scénario s’absente… Heureusement que ça flanche qu’à la toute fin. La photographie et la bande son sont parfaites, les scènes puissantes  s’enchaînent à un rythme effréné. Presque un sans faute donc, si ce n’était pour cette fin faible voire carrément grotesque.

Invasion of Alien Bikini (Corée du Sud, 2011) Réal.: Oh Young-doo (The Neighbor Zombie).

Wow + WTF?? C’est du n’importe quoi. Au début on se réjouit de la surexploitation des genres, puis on se rend compte à la longue de la vacuité du tout. Projet ambitieux pas du tout abouti, où même les scènes de dérision ou de torture supposées délirantes tournent au vinaigre. Dommage, car artistiquement c’est bien monté. Présenté comme un film indépendant à tout petit budget, je salue le potentiel et le culot de l’oeuvre, en plus de lui donner le bénéfice du doute sur ses intentions puisque les sous-titres étaient mal agencés lors de la conclusion (une fable…).

Petty Romance (Corée du Sud, 2010) Réal.: Kim Jung-hoon. cast: Lee Sun-Kyun (Paju, Coffee Princdrama), Choi Gang-Hee (My Scary Girl).

And petty ending. Alors là on a tous les ingrédients de la comédie romantique coréenne délurée typique qui finit en indigestion. Avec quand même un petit plus fantaisiste – mal exploité – mais qui permet la relation “d’affaire” improbable entre les protagonistes. La fille est un vrai cadeau côté gags. 

Cold Fish (Japon, 2010) Réal.: Sion Sono (Suicide Club, Love Exposure).

Très dérangeant, comme on peut s’y attendre, mais cette fois pour toutes les mauvaises raisons. Ces les mêmes thèmes de la famille/individu/société/religion désaxés qui reviennent, et on voit clairement où il veut en venir, sauf que cette fois c’est assez vain, gratuit, caricatural à l’extrême, et peu recommandable. C’est drôle parce que certains disent que c’est du Sion Sono tout craché et tordu; pour ma part, passé l’ouverture-signature du film, je jurerai avoir vu un Takashi Miike. J’espère que dans Guilty of Romance ou son prochain Himizu, la tendance de choquer à tout prix ne sera pas le prétexte pour servir le voyeurisme et le sadisme refoulé du spectateur.

Gantz + Gantz Perfect Answer (Japon, 2011) Réal.: Shinsuke Sato. cast: Kazunari Ninomiya (Letters from Iwo Jima),Kenichi Matsuyama (Death Note, Don’t Laugh at My Romance, Norwegian Wood), Takayuki Yamada (Densha Otoko, Crows Zero).

Le premier film est une mise en contexte totalement nulle et à zapper. Le 2e, en revanche, est spectaculaire comme film d’action. Et c’est grâce aux “méchants” de l’histoire. Ito Ayumi (All about Lily Chou-Chou, Solanin) apparaît également dans ce volet sous un registre rafraîchissant.

MILOCRORZE A Love Story (Japon, 2011) Réal.: Yoshimasa Ishibashi (Oh! Mickey). cast: Takayuki Yamada!

Dommage que j’ai raté le premier quart d’heure. Parce qu’il semblerait que ce fut le meilleur avec le reste de la 1ère des 3 parties du film… Ce à quoi j’ai assisté était quelques fois édifiant dans le ridicule, très bien composé – en particulier pour une scène de combat au sabre chorégraphiée comme un tableau de kabuki – mais noyé dans une narration hasardeuse assez… euh… chiante. Un film magnifique mais pas suffisamment fou, excentrique, pour tenir la longueur.

Vampire (Canada, 2011) Réal.: Shunji Iwai (All About Lily Chou-Chou). cast: Yu Aoi (Hana & Alice, One Million Yen and the Nigamushi Woman).

La grosse déception, au niveau de l’écriture d’abord, puis du casting. C’est délicat à dire, mais il y a quelque chose qui n’a pas fonctionné. Tandis qu’Aoi Yu fait de la figuration, le personnage principal du prof de biologie, vampire par nature, n’inspire pas grand chose, et c’est probablement seule la soeur désespérée du flic qui parvient à véhiculer sa détresse mentale. Le film se veut expérimental, pourtant tout est trop normal, dans le sens banal, sans intérêt (oui, même les foutus ballons), ou tout juste effleuré. Qu’importe l’imaginaire collectif, les codes du genre et leur destruction: pas de fantastique, pas de vampire. Dans ce cas, vaut mieux être prévenu catégoriquement à l’avance plutôt que de lire partout que ce n’est pas votre film de vampire typique… Et puis c’est long. Il y a une capsule à la fin qui manque également de donner de la poésie à une histoire sans dimension. J’ai pas saisi, et à vrai dire j’ai trouvé hypocrites les applaudissements du public de Fantasia (quoique que beaucoup de monde soit sorti au cours de la séance). Si j’ai bien un biais en faveur du cinéma asiatique, je ne pense pas qu’il explique à lui seul la sensation qu’une direction d’acteurs japonais – avec une étudiante américaine en échange…- aurait atténué le malaise. Voilà, ça sonnait faux, malgré toute la beauté, la lumière, l’indisposition que la caméra de Iwai a capté.

Add to checklist:

Quirky Guys and Gals (Japon); Birthright (Japon) ; Kill Me Please (Belgique) ; Red State (USA); Some Guy who Kills People (USA)

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Avis Chronopostés – revue cinéma

 

Solanin (2010): stricte adaptation case par case du manga, jusqu’aux vêtements, mais les personnages d’Asano Inio livrent bien plus d’émotions sur papier que les acteurs de ce live action maussade. Ennui garanti quand on connait déjà l’histoire, et c’est dommage pour la profondeur du récit portant sur les craintes et doutes éprouvés par les jeunes protagonistes fraîchement diplômés. Mis à part Kora Kenga qui parvient à tirer son épingle du jeu, les acteurs, qui ne manquent pourtant pas de talent, ne font pas plus que du cosplay, et tout juste à un meilleur niveau que le film vide de Nana. D’ailleurs le choix de l’héroïne s’est encore arrêté sur le joli minois Miyazaki Aoi; un autre gâchis. J’ai hâte de voir l’adaptation de Gantz mais j’avoue qu’elles sont rarement à la hauteur par paresse et appât du gain. Enfin, pour une histoire sur la passion de la musique, la B.O de Solanin est superbe bien que mal exploitée.

Avis de l’amateur: bof.

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Confessions (v.o: Kokuhaku, 2010): bien monté, presque impeccable même si on pouvait couper le délire infernal de la fin. Le film relate la vengeance froide d’une prof dont les élèves ont causé la mort prémédite de son enfant, ainsi que les confessions des coupables ou de leur proche. La cruauté est bien dépeint mais pas d’énigme ici, le film reste très cliché sur le fond.

Avis: appréciable.

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Sweet little lies (2o1o): un petit film charmant sur le couple, l’attraction, l’affinité, l’adultère, l’aventure et tout ce qui va avec. Juste pour nous rappeler que la fidélité, c’est tordu comme concept. Les émotions complexes sont véhiculées avec douceur, en faisant évoluer le jugement qu’on pourrait porter trop vite sur ces personnages qui se recroisent.

Avis: bon.

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Maborosi (v.o: Maboroshi no Hikari, 1997): un joli film, signé Kore-eda. Toutefois il n’est pas vraiment intéressant dans le sens où on assiste juste à des vies qui suivent leur cours… ou alors je suis passé à côté de la subtilité car je n’ai pas trouvé que l’angoisse de la disparition, l’incompréhension qui déprime le personnage principal, soit si émouvant.

Avis: bof bof

 


Musique – Destination Japon

Quelques trouvailles récentes mêlées à ce que paikokun aime de ce que m-flo aime, simplement parce que le duo revient ce mois-ci avec chacun leur album solo plein de featurings.

Ce billet n’est pas réglementaire, mille excuses.

Mais écoutez si ça vous dit >>

Tracklist :

  1. Clammbon – You’ve Got to Help Yourself (YMO cover)
  2. Clammbon – Kahkua Milk (Okamura Yasuyuki cover)
  3. Group_inou – Zyanose
  4. Group_inou – Heart
  5. iLL – Shinumade Dance (ft. Mukai Shutoku)
  6. iLL – Shinseiki no Love Song (album mix ft. ASIAN KUNG-FU GENERATION)
  7. m-flo – Way U Move (m-flo loves Dragon Ash)
  8. m-flo – Luvotomy (m-flo loves Namie Amuro)

Clammbon est un groupe de trois magiciens qui font dans l’acoustique/acid jazz/le genre de musique estampillée Radiohead, et aussi pop pour ce que j’ai pu entendre. C’est juste adorable.

Group_inou c’est un MC au flow schizophrénique et un manipulateur de 8-bit qui arrivent à rendre la chose crédible et frénétique.

iLL est l’un des noms de scène de Nakamura Koji, ex-chanteur du groupe Supercar. L’album Turn A ( soit “∀”) est une compilation de remix et collaborations sur laquelle Clammbon apparaît également. Aussi éclectique que déroutant.

m-flo c’est Verbal et DJ Taku Takahashi.


Musique – The Go! Team [Rolling Blackouts] Memphis Industries 2011

5 février 2011
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YEAH! Dites à vos voisins que la centrale a sauté.

Dans le genre indie-rock-alt-pop-funky-jam-music, l’orchestre turbulent Go! Team est vraisemblablement unique. Avec ce 3e opus qui risque d’être le dernier, on reprend les mêmes et on recommence. T.O.R.N.A.D.O casse la baraque dès le coup d’envoi: annonçant le retour du sextuor abreuvé à la source de jouvence, le beat est B.E.A.S.T.I.E!  Trois autres pistes sont vecteur de flux électrisant, dont The Running Range. Les arrangements insolites sur Apollo Throwdown et Voice Yr Choice parviennent à modifier la formule, en particulier ce dernier qui surprend en changeant de cadence quand Ninja amorce les refrains comme du freestyle. Les pistes entièrement instrumentales sont soit épiques (Bust Out Brigade) soit sans importance. Comme le patchwork en couverture, l’album est en alternance, incluant des morceaux rock rétro plus tranquilles tels que Buy Nothing Day et Ready to Go Steady. The Secretary Song ressemble trop à du recyclé, et, avec le final, on se rend compte que le potentiel du registre Go! Team peut être exploitable à l’infini mais que la difficulté est dans le renouvellement. ALors c’est facile d’écrire tout et son contraire sur Rolling Blackouts. Pour ma part, j’adhère encore.

L’avis de l’amateur: du bon travail, 5/13 sachant que 4 pistes instrumentales font office de longs interludes.

morceaux préférés:

“Voice Yr Choice”

“Apollo Thowdown” dont voici le remix extra par Star Slinger:

“T.O.R.N.A.D.O”

Bref, une production énergique comme on s’y attendait, emplie d’une drôle de réminiscence d’un film de super héros avec les interruptions de programme… et qui fait anticiper l’Été. En attendant, le Go! Team est en tournée et s’arrêtera à Toronto en avril prochain.

 

√ Add to checklist: Star Slinger



Musique – VidéoCLIP 2010

4 février 2011
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Le saviez-vous? Le clip vidéo est le summum de la création artistique pour le divertissement de masse.

En 2010, personne n’est arrivé à la cheville dégourdie de Janelle Monae sur son “Tightrope. La preuve en vidéoclip (clickez l’image):

La vidéo a été réalisée par Wendy Morgan. La photo ci-contre par Skylar Reeves.

Mentions honorable pour:

Kanye West et Arcade Fire dont il n’est pas nécessaire de reparler;

G-Dragon & T.O.P avec “Knockt Out, où comment canarder l’audience d’effets FLCL sur un Diplo beat :

Miss A avec “Breathe“, le grand détournement avec style :

Je n’ai pas fait mes devoirs côté Japon…

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Musique – sélection 2010

31 décembre 2010
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Il y a des années comme ça où je me demande qu’est-ce que je deviendrais sans musique pour sauver mon âme. Et j’exagère à peine, 2010 ayant été brutalement avortée de mon côté. Donc voilà les morceaux qui ont monopolisé le top 20 de ma playlist 2010. Essentiellement de l’électro, mais ça me plaît de constater que le hiphop trouve toujours son chemin vers mon baladeur. On commence doucement avec Kanye le Magnifique, ma foi incontournable cette année, pour finir avec le meilleur que j’ai eu la chance inouïe d’entendre: Shinichi Osawa, oui, encore lui, ou presque puisqu’il s’agit des remix de son “Zingaro” qui ne m’avait pas plu à l’origine (l’autre remix essentiel que je n’ai pas réussi à caser est produit par Fabian).

» Les plus écoutés en 2010 «

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Tracklist:

  • 20. Kanye West ft Rihanna – All of the Lights
  • 19. Lil’ Wayne ft Nicki MinajKnockout
  • 18. Uffie – Ricky     (le reste de l’album est plutôt lamentable: 5/14)
  • 17. Chiddy Bang remix de The Naked & Famous – Young Blood
  • 16. Erykah Badu – Gone Baby, Don’t Be Long   (bel album: 6/11  +  j’ai hâte de voir le clip sous la réalisation de Flying Lotus)
  • 15. Gorillaz ft Snoop Dogg & Hypnotic Brass Ensemble – Welcome to the World of the Plastic Beach   (l’album de l’année pour ma part: 10/16 !)
  • 14. N.E.R.D - Perfect Defect    (de moins en moins phénoménal mais toujours original: 6+/15)
  • 13. TC remix de Rihanna – Rude boy
  • 12. The XX – Intro    (le live qui m’a fait adhérer à leur puissance…)
  • 11. Gorillaz ft Mos Def & Bobby WomackStylo
  • 10. Crystal Castles – Empathy    (un album malicieux: 6/14)
  • 9. M.I.A – xxxo    (3e album moins efficace mais reste à l’avant-garde: 7/16)
  • 8. Flying Lotus – Satelllliiiiiteee    (coup de coeur sur cet album à la fois abstrait et astral: 9/17)
  • 7. Krusha remix de Metric – Help I’m Alive    (fantastique D’n'B)
  • 6. Monsieur Adi – We Are the Romans    (meilleur rookie de l’année)
  • 5. Fabian remix de Dragonette – Easy
  • 4. Big Boi ft Janelle Monae – Be Still    (coup de foudre sur cet album solo des fois percutant: 5/15)
  • 3. 80kidz – Czerny 13    (pièce magistrale sur un album très critiqué mais pourtant aussi pertinent et inégal que le premier: 6/16)
  • 2. Teen Daze remix de JapandroidsWet Hair (l’original était d’une force… cette reprise est un rêve…)
  • 1. Rythm Droid remix de Shinichi Osawa – Zingaro    (one all the way)

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Retour sur: la Sélection 2009 inachevée…

  • 20. Jay-Z ft J.Cole – A Star is Born
  • 19. Benjamin Biolay ft Jeanne Cherhal – Brandt Rhapsodie
  • 18. Animal Collective – My Girls
  • 17. After School – Diva
  • 16. K-OS - 4 3 2 1
  • 15. Birdy Nam Nam – Homosexuality
  • 14. Bat For Lashes – Siren Song
  • 13. Charlotte Gainsbourg – La Collectionneuse   (le reste de l’album est vite oublié, mais cette pièce est une perle)
  • 12. Doping Panda – Beat Addiction   (c’est le cas de le dire!)

http://www.youtube.com/watch?v=78VBLigHfNo

  • 11. 80kidz remix de Crystal Fighters – I Love London
  • 10. Track Boys remix de Aira Mitsuki – Sayonara Technopolis   (l’original est également excellent mais moins ravageur)
  • 9. Delorean – Moonson
  • 8. Phoenix – Lisztomania   (l’exemple type du titre contagieux)
  • 7. Daedelus – LA Nocturn   (spécial berceuse de l’année, Daedelus est une fée)

  • 6. 80kidz – Turn Baby Turn
  • 5. Japandroids – Wet Hair   (ça a réveillé mon punk intérieur: 5/8 pour “Post-Nothing”)
  • 4. Delorean – Deli   (révélation de l’année, non renouvelée en 2010, zannen desu)
  • 3. 80kidz remix de FACT – Why…
  • 2. Priors – What You Need    (l’original apporte plus de bonheur et de réminiscence que les nombreux excellents remix, un coup de coeur inédit)
  • 1.  Shinichi Osawa – Main Street electrical Parade    (c’est la magie de Disney Shinichi)

Peace & Music for 2011 ♥


Kon Satoshi

1 septembre 2010
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J’espérais que ce ne soit pas vrai… Satoshi Kon, l’un des directeurs d’animation les plus remarquables selon moi, est décédé le 24 août dernier, à tout juste 46 ans.

Ses chefs-d’oeuvre sont tous populaires et à voir. Le coup de coeur des enfants:  la série Paranoia Agent parue il y a déjà 6 ans. Démentielle, un FLCL version polar sophistiqué pour notre plus grand plaisir.

Profondément désolé. Sincèrement: merci.

Ses derniers mots ont été rendus publics.

add to checklist: son dernier travail Yure-Miru Kikai.


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